Notre interview de Nicolas GEAY, journaliste sportif à France TV

Quelle place pour le vélo à la télévision?

Qui est notre invité ?

Nicolas GEAY est grand reporter aux services des sports de France Télévision et spécialisé dans le cyclisme. Depuis 2006, il couvre le Tour de France et intervient régulièrement dans l'émission Stade 2. Ses reportages sur le cyclisme ou le triathlon font souvent sensation dans la cyclo-sphère.


Passé par France 3 régions, L'Équipe TV, le Courrier Picard, Eurosport et le JT de France 2, Nicolas GEAY connaît très bien le milieu audiovisuel "sportif" français . Grâce à Matthieu Guber, premier ambassadeur de Velook et journaliste sur C8, nous avons eu l'opportunité d'interroger Nicolas GEAY sur la place du vélo dans l'audiovisuel français.

Après l'interview de Mickaël TARDU, journaliste radio et animateur de la célèbre -feue- émission de radio "Roue Libre", nous poursuivons donc notre série de rencontre avec l'un des journalistes "cyclisme" de Stade 2, Vélo Club et du Tour de France !

VELOOK : Vous êtes journaliste sportif et grand reporter spécialisé dans le cyclisme. Dans une récente interview vous indiquiez qu’au début de votre carrière « il n’y avait pas beaucoup de gens qui faisaient des reportages de vélo ». Diriez-vous que la situation a changé et que le vélo a pris plus de place dans l’audiovisuel français?

Nicolas GEAY : Disons que je pense qu’il y en a plus qu’avant notamment avec l’essor des directs sur l’Equipe TV, Eurosport ou Intérieur Sport. Mais finalement des reportages vélos, des suivis assez long, il y en a pas tant que ça, à part pour le Tour de France. Mais des suivis où on voit des entraînements ou les coureurs dans leur quotidien, il y en a finalement assez peu alors qu’il y en a dans le foot ou dans d’autres sports. Je ne sais pas pourquoi mais ça ne se développe pas tant que ça en dehors du Tour de France où les chaînes font des reportages.

 

VELOOK: Justement, la France compte 20 millions de cyclistes, 3 millions de vélos vendus, de très bonnes audiences télé et radio pour le Tour de France mais aucune émission dédiée à la bicyclette. D’après toi, qu’est-ce qu'il faudrait de plus pour motiver un producteur, ou un patron de grande chaîne, à lancer la première émission de télé sur le vélo ?

NG : En effet, en émission de télé, il n’y a que les “Rois de la pédale” qui existe, hors Tour de France. A mon avis, le Tour vampirise tout. On ne parle que de la Grande Boucle. Le grand public est incapable de te dire quel coureur a gagné le Liège-Bastogne-Liège, le Tour de Lombardie ou même le Paris-Roubaix. Ce qui les intéresse c’est le Tour de France, et les médias, nous les premiers, on est beaucoup comme ça. Il y a des émissions que l’on fait comme le “Vélo Club” durant le Tour de France mais en dehors il n’y en a pas. Pour nous, sur France Télévision, on n’a pas d'émission sur un sport mais sur plusieurs sports comme “Tout le Sport”. Après les autres chaînes, faudrait leur demander mais si tu regardes les offres de Canal ou de l'Équipe c’est quasiment que du foot parce que c’est le sport numéro 1 en France qui draine tout le public. Mais je suis d'accord avec vous, une émission vélo ça se tenterait mais peut-être pas sur une chaîne généraliste davantage sur une chaîne plus spécialisée.

Nicolas Geay et Cédric Vasseur, coureur cyslite

 

VELOOK : Mais si on sort de l’aspect purement sportif du vélo, il existe des émissions sur l’automobile présentant des sujets sur le sport auto mais aussi sur la mobilité ou les innovations. Serait-il possible d’avoir ce type d’émission en France mais sur le vélo uniquement?

NG: Ca me parait difficile ou alors sur des chaînes hyper spécialisées. Je pense que les émissions de voitures ça va intéresser les gens qui veulent en acheter une ou qui rêvent de Porsche, de Ferrari et de belles voitures. Mais les gens qui rêvent de vélos comme nous, qui sont super contents de voir du beaux matos, je ne suis pas sur qu’il y en ait assez pour une émission dédiée au vélo. La dame qui va s’acheter un vélo électrique pour aller au boulot va pas forcément aller regarder ce type de programme. Ce n’est pas comparable aux voitures.

Marion Rousse et Nicolas Geay

VELOOK : Pour revenir à notre passion, les vélos d’occasion, en parcourant ta bio, nous avons découvert que tu pratiques le cyclisme et le Triathlon depuis ton adolescence. Justement as-tu déjà acheté un vélo d’occasion pour ces activités sportives ?

NG : J’ai surtout eu à en vendre mais mes vélos je les ai principalement acheté par les marchands de cycles grâce à mes clubs. Néanmoins, j’ai déjà acheté deux fois des vélos pro d’occasion. Comme beaucoup de passionnés, je suis passé par les équipes pro qui les revendent à la fin de la saison à un prix bien moins cher.

VELOOK: Et par quel moyens vendais-tu tes vélos d’occasion ?

NG : Je crois que j’étais passé par Troc-Vélo. J’ai même vendu plusieurs fois des roues carbones. Ça marchait assez bien.

VELOOK :  Et si tu avais le choix, quel serait le vélo d’occasion que tu rêverais que l’on t’offre: celui de Richard Virenque sur le Tour 97, coureur dont tu étais fan, ou celui de Froome lors du dernier Tour?

NG: Sans hésitation, celui de Froome du dernier Tour. Pas parce que c’est celui de Froome mais parce que c’est un beau vélo. Même si ce n’est pas forcément Pinarello mon préféré mais sans hésiter je choisirais celui-là.

VELOOK : Enfin, aurais-tu un conseil ou une astuce à partager avec nos lecteurs pour dénicher un vélo d’occasion ?

NG : A partir du mois d'août, appeler les services course des équipes pro ou surveiller leurs offres grand public sur leur site internet. Des fois tu peux avoir 30 à 40% sur un vélo de pro qui a très peu roulé. C’est la deuxième fois que je le fais et c’est quand même assez bluffant à chaque fois d’en trouver à ce prix. Le vélo est quasiment neuf et super bien entretenu. Ca peut être des bonnes occasions mais faut tout de même faire attention aux côtes (hauteur et longueur du cadre). J’ai un copain qui avait acheté le vélo de chrono de montagne de Pierre Rolland. Il s’est rendu compte qu’il avait tout le temps mal au dos parce que ce n’était pas exactement bien ses côtes. Derrière l’enthousiasme au premier abord, il faut vraiment faire attention à ça.





Bonus

Une sélection des reportages de Nicolas GEAY




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