Les effets pervers de l’explosion du vélo... pour les cyclistes

femme regime vélo

Depuis quelques années et surtout depuis la fin du confinement, le vélo s’impose comme un moyen de déplacement incontournable. Les avantages dont dispose ce fabuleux véhicule sont tellement nombreux. En effet, le vélo est le mode de déplacement le plus rapide puisque la vitesse moyenne en voiture en ville est de 15.2km/h. Sur des trajets de proximité, le vélo est donc aussi rapide qu’une voiture en milieu urbain (Paris, Lyon, Marseille...)et encore plus efficace en porte à porte. De plus, elle est bénéfique pour la santé et demande moins d’entretien que la voiture. Son apport écologique est également non-négligeable. Il contribue pleinement, comme la marche et les autres modes doux, à la préservation de l’environnement. Ces nombreux bienfaits poussent de plus en plus de personnes à adopter le vélo au détriment d’autres moyens de déplacement. En effet, la fréquentation cyclable s'est envolée de 87% après le confinement, et selon Vélo et territoires - la tendance semble s'inscrire dans la durée. Le phénomène est national: en un an, la pratique de la petite reine a augmenté de 50%, aussi bien dans les grandes villes que dans celles de plus petite taille.

Les bouchons sur les pistes cyclables

Cependant,l’explosion de ce véhicule a de nombreux effets néfastes, notamment sur la route. En effet, l’augmentation du nombre de vélos sur les pistes cyclables occasionne des bouchons interminables.

Les changements massifs de mode de déplacement déclenchent des embouteillages monstres, à cause des pistes cyclables non adaptées à un trafic de grande ampleur.

Les cyclistes "historiques" pourront en témoigner. Après avoir passer des années à slalomer entre les voitures à l'arrêt dans les bouchons, ils sont aujourd'hui bloqués dans les bouchons des vélos aux heures de pointe.

L'accidentologie des cyclistes grimpent

Autre inconvénient, le nombre d’accidents de vélo a connu une recrudescence assez inquiétante. Par exemple, le nombre de cyclistes blessés à Paris a bondi de 31,7% depuis janvier 2020 par rapport à l'an dernier, selon les chiffres communiqués par la préfecture de police à France Bleu Paris. Au total, 580 cyclistes ont été blessés sur les huit premiers mois de l'année. Cette hausse du taux d’accident de vélo exacerbe le sentiment d’insécurité des cyclistes mais aussi des autres usagers de la route. Il faut cependant noter que l’augmentation des accidents de vélo est bien inférieur au taux de nouveaux cyclistes.

La galère du stationnement

En outre, le stationnement des vélos est un véritable casse-tête pour tout propriétaire de vélo d'occasion. À la maison, au travail ou en ville, il est parfois difficile de trouver une place pour garer ou stationner sa bicyclette. D’après la FUB, le manque de stationnement sécurisé serait même un des freins majeurs au développement du vélo pourtant en plein essor en France. En effet, les cyclistes galèrent à trouver des espaces de stationnement pratiques et sûrs et rencontrent de nombreuses difficultés pour garer leur vélo. Ils n'ont alors pas d'autres choix que de devoir trouver des solutions un peu artisanale en laissant leur vélo sur leur balcon, dans leur cave, dans les halls d’entrée, les cours d’immeubles ou n’importe où dans la rue.

Une pénurie de vélo et d'accessoires

Dans les magasins, les vélos se font de plus en plus rares dans les rayons à cause de ruptures de stock, surtout depuis le déconfinement. Dans l'hexagone, les ventes de vélos ont doublé cet été par rapport à l'année dernière, selon la fédération Union sport et cycle. Les citadins et les péri-urbains se sont rués le vélo, le moyen idéal pour éviter les bus bondés et métros surpeuplés, tout en se dépensant après des semaines de confinement.

Dans un magasin Decathlon, à Brest, le rayon vélos a été littéralement dévalisé. Presque plus de vélos juniors ou familiaux d’entrée de gamme et de milieu de gamme. Seuls quelques VTT pour experts et vélos de course sont encore exposés. « Depuis le 11 mai, c’est de la folie», commente une vendeuse. «On a vraiment du mal à s’en procurer. Tous les magasins sont en rupture de stock», explique un client.

Pas de rendez-vous pour une réparation de son vélo avant plusieurs semaines

En même temps que les ventes de vélo explosent, les délais pour prendre un rendez-vous pour une réparation s'allongent. Les magasins de vente et de réparation de vélo que vous pourriez trouver sur les pages jaunes ou sur sur kelest.fr croulent sous les demandes. C'est notamment un des effets collatérales du Plan vélo décidé par le gouvernement pour inciter les français à faire du vélo.

 

Le Coup de pouce vélo, puisque c'est son nom, comporte deux volets destinés aux particuliers. Le premier permet la prise en charge par l’Etat d'une séance d'accompagnement à l'usage du vélo dans les vélo-écoles référencées. Le second est une réduction de 50 € pour réparer son vélo dans un réseau d'établissements partenaires. Cette mesure de l’État a poussé les cyclistes et futurs cyclistes à se ruer dans les magasins et chez les réparateurs dans toute la France. Résultat: les délais d’attente pour une réparation de vélo peuvent aller jusqu’à un mois.

Malgré ces quelques effets pervers liées à l’explosion du vélo, le fait que ce moyen de déplacement soit de plus en plus utilisé est véritablement fabuleux, tant pour cyclistes, l'économie et l'environnement.

Il ne reste plus qu'à trouver des solutions susceptibles d’endiguer les inconvénients de la popularisation du vélo.


Bonus vidéo: Le plan vélo de Paris... 2001


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