Kilométrage et vélo électrique d'occasion, Le bon critère pour juger de l'état ?

Étrange un site sur le vélo qui évoque tellement l’automobile… en plein confinement COVID-19 ! ☺

C’est vrai mais ça parle, on n’y peut rien. Nous sommes issus d’une société ou la culture automobile (thermique) est tellement présente, qu’inconsciemment nous nous référons à des critères qui en sont hérités. Nous les transposons au vélo électrique car ce sont deux objets de mobilité motorisés. Mais certains réflexes nous induisent en erreur, notamment la question du kilométrage pour juger de l’état d’usure d’un vélo.

Dans cet article nous allons vous expliquer pourquoi le kilométrage n’est pas un élément pertinent. Peut-être même que l’expérience acquise dans le contexte du vélo, nous permettra de mieux envisager la voiture électrique qui « devrait » représenter une part importante du parc automobile dans les années à venir.

Panneau kilometrage voiture

Le cadre légal du kilométrage des VAE d'occasion

L’automobile est un secteur d’activité depuis longtemps mâture et le sujet kilométrage est encadré par la loi. Dans le cas d’une arnaque, le contrevenant particulier ou professionnel s’expose à un délit de tromperie passible de deux ans de prison et 300 000 euros d’amende.

De plus, la périodicité des contrôles techniques obligatoires est censée faire foi en terme de kilométrage. Aussi, les professionnels doivent reporter cette donnée sur leurs factures d’entretien. Nous sommes donc, si l’on est attentif, capable de suivre l’évolution dans le temps d’un véhicule.

Malgré cela on estime qu’environ 10% des voitures vendues d’occasion présentent une arnaque au compteur kilométrique…

Du côté des fabricants, s’il est « possible » de trafiquer le kilométrage, en tout cas l’affichage, les voitures modernes l’enregistrent à différents endroits ce qui permet d’établir une tromperie si les chiffres ne sont pas concordants.

 

Rien de tout cela dans le vélo. 

Au moment où l’on écrit ces lignes, la Loi d’orientation des mobilités a modifié le code de la route et interdit la modification d’un vélo électrique qui lui permettrait d’aller au-delà de la vitesse légale de 25km/h. Elle expose les professionnels. C’est un autre sujet mais cela démontre que nous sommes encore loin de faire encadrer le kilométrage par la loi. 

Du point de vue industriel, pour une grande partie du parc de vélos électriques en circulation, le compteur kilométrique s’apparente au compteur à fil à 10 euros que vous avez certainement déjà installé sur un vélo. Admettons que l’écran tombe en panne, vous le changez et vous repartez à zéro ou vous le paramétrez à votre convenance. Certaines marques gravent le kilométrage dans le moteur bien sûr. 

Cela démontre qu’aujourd’hui il n’y a aucun cadre légal ni d’homogénéité technique qui ferait du kilométrage une donnée fiable. Ce n’est en rien une critique, simplement nous sommes sur une industrie naissante et issue du loisir. 

Mais si l’aspect légal est une chose, ce n’est pas le critère de différenciation principal.

Batterie pour vélo tout terrain électrique bosch

C’est quoi un vélo électrique d'occasion fortement kilométré ?

Plusieurs éléments font que le kilométrage d’une voiture est un repère fiable.

  • L’homogénéité des usages.

Toutes les automobiles mises en circulation ont une existence très similaire. Un mix de parcours sur routes bitumées entre ville, périphérie et autoroute. Les 4X4 qui font réellement du tout terrain et les voitures de sport, du circuit, représentent une part tellement faible du parc que l’on ne peut pas objectivement les considérer.

  • L’homogénéité de l’usure liée à l’usage réel.

L’usure mécanique d’une auto, en tout cas ses organes principaux, moteur/boite/pont/châssis/trains roulants, sont très standardisés et prévus pour couvrir la durée de vie totale du véhicule. Ils ne seront jamais remplacés sauf défauts et rappel.

 

Ainsi nous avons une représentation assez claire de ce à quoi nous attendre pour une voiture de 50, 100 ou 200 mille Km. Estimer sa durée de vie restante, les entretiens à prévoir. Et les pièces d’entretien coûtent finalement peu chères par rapport à la valeur du véhicule dans son ensemble.

Smart électrique blanche
Decathlon (FR)

Rien de tout cela dans le vélo !

Comment comparer un vélo électrique de loisir à un VTT à assistance électrique (VTTAE)* ?

Impossible, tant les contraintes que vont subir leurs composants en usage diffèrent. De même, pour les vélos qui subiront un usage intensif. La façon dont ils auront été entretenus produit des différences importantes en termes d’usure.

Aussi les usages intensifs d’un vélo peuvent avoir des impacts très variables tant la qualité des composants, entre bas de gamme et haut de gamme, est hétérogène et peu standardisée. 

Mais l’élément qui fait toute la différence, c’est la batterie.

Quand vous envisagez d’acquérir un vélo électrique on vous parle principalement d’autonomie et de nombre de cycles. Ce produit permet d’aboutir au kilométrage potentiel d’un vélo avec une même batterie ex : 60 Km X 1000 cycles = 60 000... C’est bon on a le temps... Sauf que l’usure de la batterie n’est pas liée à son usage. Elle est bornée à une durée de vie non extensible. Après 5 ans, on entre dans une zone d’incertitude complète. Pire !  Une batterie s’use plus vite quand elle n’est pas utilisée. Rien de plus mauvais qu’un vélo qui dort des hivers entiers sans être utilisé. 

Pour ne rien arranger, sa perte de capacité n’est pas linéaire. Passé un certain temps la capacité d’une batterie peut « plonger » de façon imprévisible et assez inexplicable. 

Dernier point et pas des moindre. La batterie est une pièce d’usure dont le remplacement  sera à prévoir un jour ou l’autre dans la vie d’un vélo. A moins que vous partiez du principe qu’un vélo électrique part en décharge avec sa batterie après quelques années. 

Et ce composant à un coût important par rapport à la valeur totale du vélo. Ce cas de figure n’existe pas dans l’automobile traditionnel car vous n’envisagerez jamais d’avoir à changer un moteur, une boite ou un châssis, à moyen ou long terme.

Donc instinctivement on aurait tendance à préférer un vélo de 4 ans qui affiche 500 km à un autre de 2 ans et 5000 km. C’est tout à fait normal, mais possiblement c’est une erreur ! 

Cette incidence forte de la batterie sur la vie du vélo fait que sa valeur dans le temps ne peut pas non plus être linéaire. Et un argus ou une cote peuvent effectivement être des références mais ne pourront jamais être aussi dé-corrélée de l’état réel des composants que pour l’automobile. 

Vous l’avez compris, l’élément à prendre en compte pour estimer un vélo électrique d’occasion est l’état réel, révélé par les diagnostics mécaniques et électriques et non le kilométrage.

Ce sont eux qui en détermineront sa juste valeur.

 

Mais en y réfléchissant n’est-ce pas une chance ? 

Effectivement l’importance que l’on donne à la côte d’une auto liée au kilométrage est due au fait qu’il est impossible de savoir précisément ce qui se cache sous la carrosserie. Sauf démontage partiel et mise sur un pont avant l’achat d’occasion à un pro ou un particulier. Mais personne ne fait cela. Le vélo présente l’avantage de pouvoir être contrôlé facilement et d’avoir la quasi absolue certitude que l’on ne se trompe pas. 

Les diagnostics que peuvent vous fournir les pros et surtout le fait qu’ils déterminent un prix extrêmement juste sont des garanties incomparables par rapport à l’automobile.

Profitons-en ! 


Cet article s'inscrit dans une série de billets en partenariat avec NYD Vélos, Outils digitaux à l'usage des professionnels du cycle. Cet article n'est pas sponsorisé ni rémunéré. Le fondateur de NYD Vélos, spécialiste du marché du vélo d'occasion, a accepté de partager son expertise avec nous et nos lecteurs. Nous le remercions pour ces éclairages qui rendront service à bien des consommateurs/cyclistes et professionnels du secteur du cycle.



BONUS vidéo

Test d'endurance d'un vélo électrique


A lire aussi


Écrire commentaire

Commentaires: 0